« Je n'étais pas prête pour le 20 heures »
Avant sa rentrée sur M6, la star montante de l'info s'explique pour la première fois.
Comment se sont passées vos vacances ? Plutôt calmes ou plutôt agitées ?
Pour tout vous dire, c'était la première fois depuis longtemps que j'avais l'occasion de prendre de vraies vacances et de me reposer. J'ai donc pu recharger mes batteries entourée de mes proches et je reviens gonflée à bloc pour la rentrée.
Comment vous sentez-vous au moment de démarrer cette nouvelle aventure sur M6 ?
Je suis très excitée à l'idée de débuter aux commandes de Zone interdite ! Je rêvais depuis longtemps de relever ce défi et, maintenant, que je suis en passe de le faire, je suis superheureuse, malgré une petite appréhension évidente. Je ne vais pas tout révolutionner mais j'espère me rendre sur le terrain dès que possible, avoir des invités sur le plateau à chaque fois qu'on le pourra, bref faire ce que j'aime vraiment.
Vous ressentez une pression particulière à l'idée d'arriver sur une grande chaîne ?
Oui et non. Il est certain que la pression des audiences doit changer quelque peu la manière d'appréhender son travail. Mais en même temps, j'arrive sur une émission fabuleuse et dont je suis fan depuis longtemps. Je l'ai toujours suivie depuis que Patrick de Carolis l'a lancée. Je suis donc rassurée par la machine et par les personnes qui la font marcher.
Si vous n'êtes pas sous pression, pourquoi avoir alors refusé la proposition de TF1 qui voulait faire de vous le joker de Claire Chazal ?
Parce que je n'étais pas prête tout simplement ! Cette magnifique proposition - car je continue de dire que c'était une magnifique proposition - est arrivée trop tôt dans ma carrière.
Vous avez eu peur ?
Oui, c'est vrai. J'assume le fait d'avoir eu un peu la trouille. Quand on vous propose un poste comme celui-là, qui est le Graal de l'info, on se sent tout à coup toute petite. Moi, j'ai encore besoin de me construire. D'apprendre d'autres facettes de mon métier. Pour l'instant, le fait d'avoir 10 millions de téléspectateurs tous les soirs, ça ne me fait pas rêver.
Vous avez conscience que votre refus a surpris tout le monde ? Beaucoup seraient prêts à « tuer » pour le 20 heures...
C'est possible, mais pas moi en tout cas ! Que certains n'aient pas compris ma décision, ça ne me regarde pas. Je n'ai d'ailleurs aucune rancune envers quiconque. J'ai conscience que c'est une proposition rarissime et j'ai été très flattée qu'Étienne Mougeotte pense à moi. Mais je pense sincèrement que le 20 heures n'est pas la voie unique dans ce métier. Moi, je suis ma propre voie pour me réaliser et j'ai toujours été honnête avec moi-même sur ce point.
Étienne Mougeotte (directeur de TF1) et Jean-Claude Dassier (directeur de LCI) ont-ils compris votre décision ?
Sincèrement, je pense qu'ils l'ont comprise. Je sais qu'ils ont été déçus et frustrés de mon refus, mais ils ont compris. Ils savent aussi que je leur serai éternellement reconnaissante de m'avoir donné ma chance sur LCI et d'avoir contribué à mon parcours professionnel. Jean-Claude Dassier m'a souhaité bon vent et bonne chance et nous nous sommes quittés en bons termes. La chaîne savait que j'avais envie de certaines choses comme m'impliquer dans des sujets de société ou encore «faire du terrain». Malheureusement, ce n'était pas possible. C'est pour cette raison que j'ai choisi de partir. M6 a compris mes attentes et m'a donné une chance inouïe avec Zone interdite.
Que pensez-vous des débuts d'Harry Roselmack au 20 heures de TF1 ?
Je le trouve absolument parfait. Je n'ai vu que quelques-uns de ses JT la première semaine, mais je l'ai vraiment trouvé impeccable. J'ai aussi trouvé Julien Arnaud excellent dans ses remplacements de Claire Chazal.
Pourquoi Harry Roselmack et Anne-Sophie Lapix ont-ils accepté ce que vous avez refusé ?
Parce qu'ils n'en étaient pas au même point que moi dans leurs carrières. Je ne connais pas trop Harry, mais je sais qu'il a quelques années d'expérience de plus que moi. Je suis sûre que, pour lui, ce poste était une opportunité qu'il ne pouvait pas refuser. En revanche, je connais bien Anne-Sophie et je sais qu'elle en avait envie depuis longtemps. Avec son expérience et son parcours, cette proposition tombait au bon moment. Je suis ravie pour elle, d'autant que j'ai beaucoup de respect et d'admiration pour la façon dont elle mène sa vie professionnelle et sa vie privée.
En parlant de vie privée, l'intrusion des paparazzi dans votre intimité a-t-elle joué dans votre refus d'aller sur TF1 ? On a dit que cela vous avait marquée...
Pour être honnête, cela n'a pas joué dans ma décision. Par contre, je vous avoue que j'ai été marquée par cette violation de ma vie privée. Je n'étais pas prête à être la cible des paparazzi et à apparaître dans la presse people. Le problème avec ce genre de presse, c'est qu'elle fait aussi beaucoup de mal à votre entourage. Cela a été très dur pour ma famille ainsi que pour la personne qui partage ma vie.
Etes-vous lassée d'entendre sans arrêt que votre physique est votre atout principal ?
Dans la vie, il y a des choses plus désagréables que de lire ou d'entendre que vous êtes belle... Le problème ne vient pas de là, mais plutôt du fait que l'on réduise quelqu'un uniquement à cela. Or, je pense qu'on a tout à fait le droit d'être agréable à regarder et compétente à la fois. Il ne s'agit pas de beauté pure, mais de télégénie. Ce qui compte, c'est d'avoir un physique qui passe bien auprès du plus grand nombre de personnes.
M6 vous a t-elle proposé d'autres émissions, en plus de Zone interdite ?
On m'a effectivement proposé d'autres choses à faire sur la chaîne, mais je les ai refusées pour me concentrer sur Zone interdite. Cela dit, je travaille actuellement sur un projet pour Paris première [chaîne du Groupe M6]. Il s'agirait d'une émission hebdomadaire tournant autour des voyages et des rencontres avec des personnalités. J'espère qu'elle pourra être prête pour la rentrée de janvier. Je serai alors une femme comblée !
Si M6 décide de lancer son 20 heures, vous y allez ?
(Rires.) Ce n'est pas prévu pour le moment ! Vous savez, il n'y a pas d'âge idéal pour présenter un 20 heures. Je crois même que PPDA a commencé à mon âge... Le tout, c'est d'être cohérent avec soi-même et avec ses envies. Peut-être que l'adrénaline du direct me manquera, mais pour l'instant, j'ai envie de m'éclater sur M6 avec Zone interdite.
Propos recueillis par Nicolas Vollaire
