« Aucun regret d'avoir refusé le JT de TF1 »
Pourquoi elle a choisi M6. Pourquoi elle a dit non à TF1. Pour Télé-Loisirs, elle parle... enfin !
Au printemps dernier, et alors que ses patrons voyaient déjà en elle la nouvelle Claire Chazal, c'est par le plus retentissant des refus que cette modeste journaliste de LCI entrait dans la légende du Paf. "Certaines convictions ne sont pas à négocier", se justifiait-elle. Rafraîchissant.
Le dimanche soir, le regard bleuté d'Anne-Sophie Lapix suscitait parfois en vous un léger trouble ? Alors, un bon conseil, passez votre chemin ou trouvez-vous en urgence un stage en flegme anglais ! Car dans quinze jours, une menace d'une tout autre échelle envahira la planète M6. La menace... Mélissa ! Les aficionados de LCI connaissent déjà bien cette beauté noisette qui présentait il y a encore peu l'info du matin sur LCI au côté de Thierry Gilardi (l'heureux homme !). Au téléphone, de bon matin, elle rentre tout juste de vacances et la voix est douce et posée. "Le plus surprenant chez elle, c'est son calme au milieu de la tempête", commentait-on dans les couloirs de LCI, où son départ continue à en rendre plus d'un inconsolable !
Ca y est. Vous vous apprêtez à faire vos grands débuts sur M6. Comment ont-ils réussi à vous ensorceler, vous qui, dans ces fameuses semaines du printemps dernier, aviez à vos pieds à peu près tous les décideurs du métier ?
Il n'y a pas eu tant de propositions que ça, je vous rassure ! Disons que M6 m'offrait une émission magnifique et que, très subtilement, ils ont su adapter leur offre. J'ai choisi le projet qui me correspondait le mieux. Mon choix a été très naturel, finalement...
Malgré tout, quels arguments ont pu être décisifs dans votre choix ?
Celui de pouvoir traiter l'actu différemment, de façon plus fouillée que je ne le faisais sur LCI. Et aussi celui d'aller sur le terrain.
Est-ce à dire que vous partirez en reportage pour "Zone interdite" ?
Non, mais il y aura plus d'interviews et de plateaux en extérieur qu'avant. Une évolution, pas une révolution.
M6 prépare toujours un JT du soir. Pourriez-vous en être ?
Non. Quand je vous parle de la subtilité de M6, ça vise aussi le fait d'avoir compris mes motivations, et de ne pas me l'avoir proposé...
Mais vous pourriez, malgré tout, présenter d'autres émissions sur M6 à côté de "Zone interdite" ? Comme l'émission politique que la chaîne a dans ses cartons ?
J'ai ce qu'il faut avec "Zone interdite", d'autant que je pourrai toucher à la politique en y recevant les candidats à la présidentielle. Je n'ai pas l'intention de monter sur douze chevaux à la fois. Même si, à partir de janvier, je présenterai une hebdo consacrée aux voyages sur Paris Première.
Etiez-vous préparée à toute cette pression médiatique qu'il y a pu avoir autour de votre personne ?
(après un silence) : Non. Ces deux mois de vacances ont été les bienvenus. Je suis partie en voyage, j'ai passé du temps auprès de mes proches et de ma famille, et j'ai récupéré toutes ces nuits où je devais me lever à 2 heures du matin pour filer à LCI, en plus de tout le reste. Aujourd'hui, je suis très excitée de redémarrer !
Durant les longues semaines qui viennent de s'écouler, l'idée de ne pas avoir fait le bon choix a-t-elle pu vous effleurer ?
Non. Je n'ai aucun regret d'avoir refusé le JT de TF1 ! Je n'en éprouvais pas l'envie, tout simplement. Accéder au plus haut le plus vite possible, ce n'est pas dans mon mode de fonctionnement. J'ai préféré continuer à me construire à ma façon et à apprendre mon métier. Dans dix ans, on verra.
Si TF1 ne vous avait pas mise devant le fait accompli, les choses auraient-elles pu se passer différemment ?
Non. Ma décision serait restée la même. Mais peut-être que mon départ de LCI se serait passé avec moins de violence et de brutalité.
Selon TF1, vous auriez dit oui, avant de vous rétracter...
Faux. J'avais un délai de réflexion de 24 heures. Mais ça devait être trop long pour eux !
Christine Ockrent vous a rendu un bel hommage. Ca vous flatte ?
La tribune dont vous parlez, surtout dans cette période assez difficile, m'a fait énormément de bien.
Faut-il arrêter de vous annoncer comme la "présentatrice la plus sexy du monde", une étiquette qui vous colle à la peau ?
Le focus sur le physique, il faut arrêter avec ça. J'espère qu'on va passer à quelque chose de plus passionnant.
Propos recueillis par Eric Le Bourhis
