Accueil · Revue de presse · TV Grandes chaînes (Septembre 2006)

« Avec Zone interdite, je veux aller sur le terrain »

Venue du câble, elle succède à Anne-Sophie Lapix et anime le magazine de reportage de M6.

Au printemps, elle refusait contre toute attente de devenir le joker de Claire Chazal et signait sur M6.

Votre bureau est encore vide. Cela doit faire une drôle d'impression !
Oui, les murs sont nus et il fait froid. Mais je ne suis arrivée que lundi dernier. J'ai envie de rapidement le remplir, avec des encyclopédies, des livres, une mappemonde... Avoir un bureau pour moi toute seule est une chance... Et une première ! (Sourire.)

Il y a peu de temps encore, Anne-Sophie Lapix y était installée...
Oui, mais nous ne nous sommes pas croisées. Ni appelées non plus. En même temps, cela se comprend : elle a quitté la chaîne. Cependant, le passage de relais s'effectue en douceur, puisque j'assure la corédaction en chef du magazine avec deux autres personnes.

Dans quel état d'esprit êtes-vous ?
Pour l'instant, je suis zen. Nous peaufinons le premier numéro. Présenter ce magazine, à 20h50 sur une grande chaîne, est pour moi une nouvelle aventure particulièrement excitante, une belle évolution après ces années passées sur LCI. Auparavant, j'effleurais l'info. Avoir du temps pour préparer les sujets, quel luxe !

Reprendre un magazine créé par Patrick de Carolis, aujourd'hui président de France Télévisions, c'est plutôt encourageant...
Me comparer à Patrick de Carolis serait indécent. Je ne fais de l'antenne que depuis 20002... En tout cas, je compte progressivement insuffler mon ton, clair et naturel. Et dans mes interviews, j'espère éviter la langue de bois et poser ma curiosité sur la table...

Comment sera "votre" Zone interdite ?
Nous avons envie que le magazine soit encore plus aux prises avec l'actualité. Il pourra également se dérouler en direct et à l'extérieur. Je souhaite l'emmener loin des studios aseptisés de M6, qui se trouvent à Neuilly-sur-Seine !

Enquêterez-vous sur le terrain ?
Oui, mais pas tout de suite. Laissez-moi le temps de m'installer ! (Rires.) Quand j'ai négocié ce poste, faire du terrain était l'une de mes requêtes. Je veux m'investir à 100%. Par exemple, je pense traiter de la réinsertion des jeunes délinquants... Vous voyez, je suis une femme comblée.

Vous avez refusé de remplacer Claire Chazal. Il paraît qu'Etienne Mougeotte, le vice-président de TF1, serait encore en colère...
Non, il ne l'est plus. A TF1, ils ont été déçus. Apparemment, un tel poste ne se refuse pas... Pour autant, j'ai toujours été claire avec eux. Je leur ai indiqué que je ne souhaitais pas passer d'une matinale sur le câble à la grand-messe du 20 heures. On aurait dû s'expliquer davantage.

Avec le recul, quel regard portez-vous sur la tourmente médiatique du printemps dernier à votre sujet ?
J'ai subi une forte pression. Tout est allé trop vite. Mais je suis contente d'avoir su tirer mon épingle du jeu. C'est mieux que d'être placardisée ou de suivre ce que d'autres décident pour vous... J'ai laissé parler mes tripes et pris mon destin en main. Sans oublier que, de toutes façon, je ne suis pas carriériste !

Vous passez à 20h50 sur M6. Ne craignez-vous pas d'être encore plus poursuivie par les paparazzis ?
Des photos de moi sont parues dans la presse people, j'ai intenté des procès. Je ne veux faire aucune concession. On peut exercer ce métier en menant une vie ordinaire. Je ne raffole pas des mondanités. Je préfère Grenoble, ma ville natale, à Paris. C'est là que je me ressource.

Vous parlez peu de vous. Dites-nous qui vous fréquentez, nous vous dirons qui vous êtes...
Mes parents sont psys, ce qui n'a rien à voir avec la télé. D'ailleurs, j'ai très peu d'amis dans ce milieu. Mes proches travaillent dans l'industrie, le social ou l'humanitaire. Ils viennent de tous les horizons. C'est très important d'être ouvert d'esprit quand on est journaliste.

Un site internet chinois vous a élue "présentatrice la plus sexy du monde", cela vous rend-t-il heureuse ?
Non, je prends cela avec humour et distance... Et je n'ai pas vérifié l'information ! Franchement, entre ce que je suis dans la réalité et ce que les téléspectateurs voient de moi, il y a une marge : l'écran. Et, quelque part, un fantasme...

Pour finir, une question qui taraude nos lecteurs : êtes-vous un coeur à prendre ?
Non, désolée. Mon coeur est déjà pris. Et depuis longtemps !

Propos recueillis par Ann-Patricia Pitos