Celle qui a dit non
La nouvelle présentatrice de Zone interdite explique pourquoi elle a refusé le 20-Heures
Pour la petit histoire de la télévision, Mélissa Theuriau restera sans doute "celle qui a dit non". Non à Etienne Mougeotte, le tout-puissant directeur général de TF1 ; non à Robert Namias, le directeur de l'information de la "Une". Trois mois après avoir refusé le poste de joker de Claire Chazal, la journaliste explique les raisons de son choix. Et jure qu'elle "ne regrette rien"
Vous étiez déjà en contact avec M6 lorsque vous avez décliné le 20-Heures de TF1 ?
Pas du tout. M6 m'a contactée après que ma réponse à TF1 a été rendue publique. Ils ont su se montrer à l'écoute et prendre en compte mes attentes.
Vous disiez vouloir "aller sur le terrain". Ce n'est pas le cas avec Zone interdite...
Détrompez-vous; nous allons nous délocaliser ! Dès que le sujet s'y prêtera, nous sortirons des studios. Je suis aussi en train de préparer un reportage pour la future émission 66 Minutes. Derrière la caméra, cette fois-ci...
Le groupe TF1 n'a pas été capable de vous proposer l'équivalent ?
En ne me voulant qu'a l'antenne ! Et moi, l'antenne, ce n'est pas ce qui m'amuse le plus. (Silence.) Je suis un peu jeune pour supporter une étiquette à vie, non ?
Que s'est-il passe exactement ? Avez-vous accepté puis refusé la proposition de TF1 ?
Absolument pas ! J'ai appris que j'étais "promue" au 20-Heures en lisant la presse. Personne ne m'avait demandé mon avis !
Quelle a été votre réaction ?
Dès le début, dans ma tête, c'était un "niet" catégorique. Mais la situation était embarrassante. J'ai contacté Etienne Mougeotte pour lui dire que j'étais sensible à cet honneur, mais que... non vraiment, très peu pour moi ! Il m'a conseillé de prendre 24 heures pour réfléchir.
Vous avez hésité ?
Pas un instant. Le lendemain, ma décision était la même.
Les portes de TF1 vous sont définitivement fermées ?
(Soupir) J'espère que non. J'espère qu'ils ont compris qu'il n'y avait rien de personnel dans mon refus, que ma démarche était simplement honnête.
En évitant le 20-Heures, vous êtes-vous réellement protégée de la surexposition médiatique que vous redoutiez ?
J'en suis convaincue. Zone interdite n'est diffusée qu'épisodiquement : cela n'a rien de comparable avec un matraquage quotidien sur la chaîne la plus regardée de France. Les paparazzi s'emballent très vite, mais dès qu'on n'est plus dans l'actualité, ils lachent prise et se tournent vers d'autres proies. D'autant que ma vie privée n'a vraiment rien d'extraordinaire !
Delahousse, Roselmack, Anne-Sophie Lapix... faut-il être jeune et beau pour présenter le journal ?
Il faut croire que oui. Et je trouve cette dérive inquiétante, parce que ce n'est pas un poste facile. Pour jouer pleinement son rôle, il faut avoir de la "bouteille" et on ne l'a pas encore à 25, 30 ou 35 ans. En même temps, je comprends les patrons de chaînes : un physique agréable est un atout pour capter les téléspectateurs.
A l'inverse, avez-vous déjà vécu le fait d'être belle comme un handicap ?
Non... Mais j'ai réellement souffert de la violence d'une certaine presse, prête a tout pour photographier un bout de sein à 300 mètres sur une plage. Je n'arrive toujours pas à comprendre comment ce genre de chose peut intéresser le public...
Propos recueillis par Lionel Paoli
