Accueil · Revue de presse · Metro (Septembre 2006)

« J'ai fait mes choix sans me laisser aveugler »

Aux commandes de Zone interdite depuis deux semaines, Mélissa Theuriau revient avec nous sur sa rentrée très médiatisée (elle a refusé la proposition de TF1 d'être le joker de Claire Chazal à la présentation du journal de 20 heures) et sur sa nouvelle vie professionnelle. Rencontre avec une journaliste passionnée.

Quel bilan tirez vous de vos débuts sur M6 ?
Le bilan est très bon. J'avoue que je suis encore retournée par le tournage du numéro de dimanche soir. C'est un numéro très fort sur les maladies mentales.

Pouvez-vous nous en dire plus ?
Oui, dans le premier reportage de Zone interdite, on a suivi trois jeunes schizophrènes à la fois en hôpital et auprès de leurs proches, qui vivent un véritable enfer. La schizophrénie est une maladie qui ne se soigne pas et de voir comme ça de personnes otages de leur souffrance, c'est terrible. J'espère qu'on pourra mieux comprendre cette maladie qui fait peur à tord car finalement, ce sont des gens plus fragiles que dangereux. Et il ne faut pas oublier que cela concerne 600 000 français. J'espère qu'il y aura des gens devant leur télé car c'est vraiment un sujet très fort et qui me tient à coeur.

Le deuxième reportage suivra le fonctionnement des urgences psychiatriques.
C'est formidable qu'on ai pu y aller car les caméras sont peu admises dans ce milieu. Et puis ça nous concerne tout. Après un gros choc émotionnel, tout le monde peut péter les plombs.

Vous n'êtes pas seulement présentatrice, vous allez beaucoup sur le terrain.
Absolument, c'est ce qui m'intéresse. Et je suis ravie car j'ai la liberté de poser les questions que je veux, même si elles ne sont pas politiquement correctes. J'ai voulu me déplacer et aller sur le terrain. C'est pour cela que j'ai choisi être uniquement sur Zone interdite.

Ca doit vous changer de la présentation du journal.
Oui, ça n'a rien à voir. Ce n'est plus vraiment le même métier car on quitte l'excitation de l'immédiateté. C'est vrai que le direct est une adrénaline géniale et que l'on met du temps à s'y déshabituer. Mais ce à quoi j'aspire, c'est de parler avec des gens, de se déplacer, d'avoir un vrai traitement en profondeur.

Toute cette presse autour de vous lorsque vous avez refusé d'être le joker de Claire Chazal sur TF1, ça n'a pas du être facile à gérer.
C'est vrai. Mais j'ai surtout trouvé très ridicule tout ce cirque médiatique autour de transferts. C'était une tempête dans un verre d'eau alors que dans le monde il se passait des choses graves, comme au proche orient par exemple. Je suis ravie que ça se soit calmé et que j'ai pu faire mes choix sans être aveuglée par tout ça. Et je me rends compte que M6 m'a fait une proposition honnête. Ce n'était pas un coup médiatique. Moi j'adore mon métier même si je sais que la télé est un média dangereux et qu'on peut se brûle les ailes.

On va vous voir dans d'autres émissions ?
Déjà je vais réaliser un sujet pour le "66 minutes". Je pars comme JRI faire un sujet sur les coulisses du tournage d'Astérix. Et ça c'est génial ! Je vais aussi présenter une émission hebdomadaire sur Paris Première en janvier. Un invité viendra nous présenter un voyage qui l'a marqué récemment. Ca va me permettre de faire des interviews culturelles, comme sur LCI, et de me permettre de m'évader puisqu'il faudra aussi présenter un lieu de façon insolite. Ca s'appellera « 2, 3 jours avec moi », en clin d'oeil à Claude Sautet. J'ai pu vraiment obtenir tout ce qui va pourvoir me nourrir, donc c'est une belle rentrée.

Propos recueillis par Rania Hoballah