Accueil · Revue de presse · France Soir (Octobre 2006)

« J'ai besoin d'aller jusqu'au bout »

Mélissa Theuriau présente depuis plus d'un mois maintenant Zone interdite, un dimanche sur deux, à 20h50 sur M6. Un magazine où elle se sent déjà chez elle et où elle n'hésite pas à aller sur le terrain.

Comment s'est passée votre rentrée sur M6 ?
Très naturellement. La qualité de l'accueil était très agréable après le tumulte des transferts. Les promesses ont été tenues : on travaille en équipe et on échange beaucoup. C'est une équipe solide qui est contente d'avoir un nouveau regard. Je me sens déjà chez moi. En quelques numéros, j'ai déjà pris mes marques.

L'émission Zone interdite comble-t-elle toutes vos attentes ?
Très franchement, je ne m'attendais pas forcément à ce que tout soit respecté, notamment en termes d'envie de terrain ou de choix des invités. Mais on me laisse beaucoup de liberté, ce qui permet d'aller sur le terrain pour les sujets qui s'y prêtent. Ca permet ainsi de proposer un sujet supplémentaire, c'est un petit plus pour l'émission.

Jouez-vous un rôle d'un point de vue éditorial ?
Il y a deux autres rédacteurs en chef, Jean-Marie Tricaud et Valérie Troisier, qui sont les garants de l'identité et des valeurs du magazine. Mais j'attache un soin particulier à aller chercher mes invités et mes interlocuteurs, à m'investir sur le terrain. Je suis heureuse d'avoir cette liberté.

Etait-ce aussi le cas pour le document que vous présentez cette semaine sur la Légion étrangère ?
Oui. J'ai ressenti le besoin d'aller jusqu'au bout... Alors je me suis retrouvée en treillis dans un avion militaire où j'ai sauté en parachute de 4.000 mètres !

Vous avez sauté avec les paras de la Légion ?
Oui, j'ai voulu goûter au sel de leur vie de tous les jours. Ce n'était pas un saut d'agrément ! On se retrouve accroché, dans un avion dont l'arrière s'ouvre et d'où il faut courir pour se jeter dans le vide. J'étais avec l'élite, en présence des meilleurs. Et, mine de rien, ce n'était pas facile d'enchaîner l'interview juste après.

La Légion est une institution qui a plutôt mauvaise presse. Vous ont-ils fait bon accueil ?
Oui, justement, ils sont soucieux de faire tomber l'image qu'on peut avoir d'eux. Je les ai trouvés très honnêtes et j'ai été étonnée de voir à quel point les légionnaires sont liés par un esprit de corps. Ils viennent de plus de 100 pays différents, ne parlent pas bien le français, mais aucun d'eux n'aurait envie de retourner à la vie civile. On sent qu'ils sont rassurés par ces ordres et cette communauté.

C'est un reportage assez rare...
Oui, c'est un tournage qui s'est déroulé sur huit mois, on a pu réaliser un document exceptionnel en ayant accès à des conditions d'entraînement très dures. C'était un défi pour Bruno Evenou (NDLR: l'auteur du reportage), qui devait être discret et physique pour pouvoir les suivre ! Personnellement, ça a fait tomber beaucoup de mes idées reçues sur la Légion. Je trouve que ces soldats nous délivrent un beau message de tolérance.

Propos recueillis par Emilie-Anne Jodier