Accueil · Revue de presse · VSD (Décembre 2006)

Femme de l'année

Elle brille sur M6 après avoir défrayé la chronique en refusant de présenter le 20-heures de TF1. "VSD" lui offre son portrait par le studio Harcourt.

En quelques mois, elle a vécu une ascension vertigineuse. Souvent citée parmi les futures grandes présentatrices du 20-heures, la journaliste de LCI a vu les choses se précipiter au printemps dernier. Laurence Ferrari quittait TF1 et la chaîne la propulsait à sa place. C'était sans compter avec le tempérament de cette Grenobloise d'à peine 30 ans. Dans le petit monde de la télé, elle est celle qui a osé dire non à TF1. Non au poste le plus convoité de la place de Paris: le 20-heures de la Une. Mélissa a préféré l'opportunité de M6 et de "Zone interdite". Corédactrive en chef de ce magazine et présentatrice, ses (courtes) apparitions ont été couronnées de succès. Mélissa Theuriau restera donc l'une des personnalités qui auront le plus marqué la télévision en 2006.

Nous la retrouvons dans le mythique studio Harcourt. Assis dans un petit salon cosy, elle boit une tasse de thé et patiente au milieu d'une galerie de portraits de monstres sacrés. L'occasion de revenir sur 2006, celle qui a fait d'elle une "star" cathodique.

Comment résumeriez-vous cette année pleine de tumulte ?
J'ai vécu une année riche mais je suis heureuse d'arriver en 2007 (rires).

Histoire de tourner une page qui fut difficile à gérer ?
Si vous voulez encore parler du refus de devenir le joker du 20-heures, ce n'est pas mon moment préféré de 2006 ! L'emballement médiatique qui a suivi ce choix était injustifié. Ma volonté de continuer tranquillement ma route ne méritait pas un tel bruit. Aujourd'hui, je me sens bien, car j'ai fait un choix qui me correspond. Je suis sereine. Certes, l'adrénaline du direct me manque un peu, mais sur "Zone interdite" je peux aller au fond des choses.

Choisir M6 et "Zone interdite" était-il un pari risqué ?
Pour moi, accéder à la rédaction en chef de cette émission était un sacré défi. Mais "Zone interdite" représente avant tout des reportages de grande qualité, donc l'émission roule et depuis longtemps, quel que soit le présentateur qui l'incarne. Cela étant, je suis évidemment ravie de voir que l'audience est au rendez-vous. Une chute soudaine aurait été terrible.

En fait, vous avez refusé le poste de joker de Claire Chazal car vous avez eu peur que tout aille trop vite ?
Cela aurait été trop vite. Mais je ne voulais pas tout remettre en cause. Il se trouve que les déceptions des uns et des autres ont fait que, au bout du compte, je me sentais un peu moins écoutée au sein du groupe TF1. M6 a tenu toutes ses promesses. Au printemps dernier, elle a été la seule à accepter de me donner une chance à la fois sur le terrain et à l'antenne. J'ai donc une liberté précieuse.

Vous n'ambitionnez rien d'autre sur M6 ? Pas de présentation d'un JT du soir, par exemple ?
Non. J'ai l'impression que Jérôme Bureau (le directeur de l'info, NDLR) et Thomas Valentin (le directeur des programmes, NDLR) ont compris ma logique. Je m'investis totalement sur "Zone interdite" et sur "2, 3 jours avec moi" qui arrive bientôt sur Paris Première. C'est largement suffisant, et puisque M6 compte de nombreux talents, ça tombe plutôt bien !

Difficile d'avoir la sagesse de ne pas griller les étapes...
C'est d'autant plus difficile qu'on fait généralement tout pour que vous les grilliez (rires). D'où cette prudence essentielle. Il ne faut surtout pas écouter ceux qui vous disent: "Tu fais la bêtise de ta vie, tu n'as rien compris", car, une semaine après, les mêmes vous disent: "C'est fabuleux, c'est courageux ce que tu as fait !"

Vous avez l'impression d'avoir été courageuse de dire non à TF1 ?
Non. J'ai simplement réussi à me faire écouter. C'est juste ce moment délicat que j'ai dû gérer, mais personne ne peut décider pour les autres. Si mon expérience peut servir à éviter d'autres annonces trop hâtives, tant mieux. (Le jour du départ de Laurence Ferrari pour Canal+, Etienne Mougeotte avait immédiatement annoncé dans la presse l'arrivée de Mélissa Theuriau au poste de joker de Chazal. Après un week-end de réflexion, elle avait décliné l'offre, contre toute attente, NDLR.)

Quelqu'un vous a-t-il aidée à prendre la décision de refuser le 20-heures de TF1 ?
J'ai pris cette décision toute seule. De toute façon, personne n'aurait été d'accord avec moi. Ma famille m'a comprise car elle connaît ma façon d'appréhender la vie. C'est tout. J'aime croire que tout métier s'apprend. Franchir les étapes dans l'ordre permet d'apprécier les fruits récoltés ! C'est un peu vieille école, mais je crois à cette logique (rires).

Comment expliquez-vous qu'autant de sites Internet vous soient consacrés ?
Je ne me l'explique pas. Comme je n'explique pas qu'on ne me fiche pas la paix dans mon intimité. Je ne cherche nullement cette publicité. Je mène une vie assez banale, en dehors de mon métier.

Faire de l'antenne, est-ce une drogue ?
Non, mais je n'ai jamais arrêté suffisamment longtemps pour le savoir vraiment.

Dire cela, c'est une manière de se protéger, non ?
Etre à l'antenne n'a jamais été une priorité. C'est tout le travail en amont qui m'enthousiasme mais, une fois qu'on goûte à l'antenne, une espèce d'adrénaline vous stimule et puis j'aime informer et interpeller des gens sur des sujets qui nous touchent.

Votre vie serait-elle plus douce si vous étiez moins jolie ?
Ce serait grave de dire cela. On ne choisit pas son physique et tout le monde sait que ce critère reste une chance, en télé comme ailleurs. Un atout qui peut entrouvrir des portes. Les autres compétences font que les portes s'ouvrent vraiment ou se referment assez vite.

Avez-vous été accueillie avec réticence dans l'équipe de "Zone interdite" ?
J'avais à coeur de prendre avec toute l'énergie qu'il fallait cette fonction que l'on me confiait. Je me suis sentie accueillie à bras ouverts. La rédaction de "Zone interdite" est assez familiale et solidaire.

Où serez-vous dans dix ans ?
Je n'en sais rien pour le moment. Je souhaite surtout prendre le temps de m'installer dans mes nouvelles fonctions.

Propos recueillis par Matthias Gurtler