Belle de jour... nal
La présentatrice des infos matinales sur L.c.i. est devenue le sex symbol des lève-tôt de France, d'Angleterre et... de Chine !
Par David Le Bailly
C'est en naviguant sur Internet que l'on découvre l'ampleur du phénomène Mélissa Theuriau. Des centaines de blogs, des poèmes, des lettres enflammées : les Musset du Web ont trouvé leur icône. "Qu'elle est douce, l'info délivrée par Vénus !" ou "Mélissa tu illumines mes matins / Mélissa, je souris quand tu es là / Mélissa, Mélissa ", ou encore "Toute convergence esthétique vers Mélissa Theuriau est un pas supplémentaire en direction du sublime". Sans oublier la confession de ce blogueur, envoûté sur L.c.i. par l'apparition matinale (6h45) de celle que le microcosme annonce comme la nouvelle égérie du 20 heures: "J'ai l'impression de retomber dans un rêve [...] sa beauté me frappe de plein fouet. Je ne comprends pas d'où vient cette apparition. Un voile blanc l'entoure."
Elle nous donne rendez-vous près de chez elle, dans le quartier du Marais. Ce n'est pas une femme fatale qui s'approche, juste une jolie fille en jupe plissée. Presque une de ces jeunes filles de Proust, "mélange de grâce, de souplesse et d'élégance physique". Sans le fard déformant de la télévision, Mélissa est réelle. Allure assurée, voix suave et port de la tête élégant, elle nous parle, comme une professionnelle rodée, de sa rentrée et du journal qu'elle présentera sur la chaîne info à partir de septembre tous les matins avec Thierry Gilardi. Depuis deux ans, elle se lève tous les jours à 2h30 du matin. "Un supplice ! Le soir, je me couche vers 10h30. Parfois, je prend un demi somnifère. Je vis en décalage, je termine ma journée quand tout le monde la commence. Je profite différemment de Paris." Elle a la bougeotte, quitte la capitale dès qu'elle a un moment de libre. Sa passion des voyages, elle l'a héritée de ses parents avec qui, enfant, elle partait à l'aventure à l'autre bout du monde. "Cette année, j'ai animé une chronique évasion. J'ai pris un plaisir incroyable à aller à la rencontre des gens, au Vietnam, au Cambodge, au Mexique, aux Seychelles. L.c.i. m'a promis que je la reprendrais en janvier." Si elle n'avait pas été journaliste, elle se serait bien vue dans l'humanitaire. Ses parents vivent du côté de Grenoble, elle y est née, fille des Alpes.
Difficile d'imaginer chez cette jeune femme d'apparence si juvénile la nouvelle Claire Chazal, condamnée au rôle de femme tronc. "Je veux qu'on me laisse tranquille avec tous ces clichés. Je refuse qu'on me mette dans une case. Dans ce métier, ce n'est pas la présentation qui force mon admiration, même si j'admire le professionnalisme de quelqu'un comme Claire Chazal. Mes envies sont ailleurs. L'antenne n'est pas une fin en soi." Le logiciel Mélissa Theuriau aurait-il une faille ? "Je pourrais tout arrêter du jour au lendemain, tranche-t-elle. Si le plaisir n'est plus la. Si je ne fais pas de télé, eh bien ! je ferai autre chose. Ce n'est pas grave." Elle a des rêves, préparer un magazine qui parlerait de l'Afrique par exemple. Ne se voit pas encore grand reporter, comme Marine Jacquemin ou Florence Schaal, ses deux aînées de T.f.1: "Il faut être très forte, je ne suis pas sûre d'en être capable." Elle fuit les paillettes, assure-t-elle, la notoriété, les soirées parisiennes. Dit que tout cela la met mal à l'aise, qu'après tout elle n'a que 27 ans : "L'antenne vous fait connaître et, dans mon cas, c'est très gênant car je n'ai rien de passionnant à étaler. Je ne comprends pas qu'on médiatise les journalistes au même titre parfois que les artistes." Même si, ajoute-t-elle comme si elle venait de prendre conscience de la situation, "ce n'est pas très cohérent de répondre à Paris Match". Elle ne veut pas naviguer sur les sites Internet qui lui sont consacrés, dont deux portent déjà son nom sans son accord. "Sur le coup, ça m'a fait rire. J'ai du mal à comprendre." Quand on lui lit le texte d'un admirateur, elle rit, gênée : "Non, non, s'il te plait ! Je pourrais présenter une émission de téléachat sur les casseroles, ils écriraient la même chose." Son aura ne séduit pas que les anonymes. Récemment, le comédien et réalisateur Guillaume Canet lui a proposé de jouer dans son prochain film aux côtés de François Cluzet. Prudente, elle a décliné.
Le serveur du café l'apostrophe gentiment. Dans la rue, les gens viennent quelques fois lui parler, "mais ce n'est jamais agressif". Elle s'est quand même mise sur liste rouge. Parfois, fatiguée, elle répond que non, elle n'est pas Mélissa Theuriau, qu'on lui a déjà dit en effet qu'elle ressemblait à une fille de L.c.i. De sa vie privée, elle ne veut rien dire, refuse même, dans un premier temps, de me donner les noms d'amis qui pourraient me parler d'elle. Tout juste laisse-t-elle comprendre, à force d'insistance, qu'elle a un amoureux. Pudeur ? Désir de préserver l'image un peu trop parfaite qu'elle veut donner d'elle-même ? "Je n'ai pas d'obsessions particulières, pas de tics ni de Toc. J'ai eu une enfance très équilibrée. Mes parents m'ont toujours encouragée à faire ce que j'aimais. Je n'ai rien à leur prouver. Ils me veulent libre et heureuse."
De temps à autre, un sourire sincère, un éclat de naturel et de spontanéité fissurent l'armure de cette beauté froide. Et tempèrent d'un peu de douceur et d'humilité une assurance impressionnante pour son âge. Sa beauté justement, elle souhaiterait qu'on lui en parle moins. Même si elle accepte les compliments et rétorque avec aplomb à ceux qui en verraient en elle qu'une Barbie de l'info : "A moi de prouver qu'il n'y a pas que cela. Si je n'étais pas une bonne journaliste, je ne serais pas restée à l'antenne." Sous des vêtements classiques, Mélissa cache un petit tatouage à gauche du nombril. Du rock'n'roll sous le vernis. "La France est un pays un peu sclérosé, trop refermé sur son passé, se désole-t-elle. On ne s'ouvre pas aux autres." Elle qui a enchaîné les stages après son école de journalisme à Grenoble (Canal+, Glem et Match T.v.) déplore le pessimisme ambiant, ce grain de folie qu'on a perdu : "Je comprends les jeunes de mon âge qui vont tenter leur chance à l'étranger. Je n'aurais pas hésité à faire pareil si cela n'avait pas marché pour moi."
Mélissa partie, reste une impression étrange. Une sorte de perfection qui laisse songeur. Comme si ne subsistait qu'un reflet, une image. Comme si tout cela n'était que de la télévision.
Enquête Lylia Benammour
