Liberté, Féminité
D'abord discrète quand elle est apparue sur nos écrans il y a trois ans, puis surmédiatisée, la journaliste a enfin trouvé son équilibre entre Zone interdite sur M6 et 2, 3 jours avec moi, sa nouvelle émission sur Paris Première.
"Mon rêve ? me rendre en Colombie"
A l'écouter parler et à la regarder agir sur le terrain, un constat s'impose : cette jeune femme est nettement moins lisse qu'elle n'en a l'air. "Dites jamais que je vous ai dit ça ou Mélissa me tue..." comme le chante Julien Clerc. Demoiselle de caractère furieusement sexy. Mélissa Theuriau est le phénomène télé majeur de ces derniers mois. Son moteur : l'indépendance. Elle agit comme bon lui semble. Son arrivée sur M6 au printemps 2006 en est la preuve. Son choix de présenter 2, 3 jours avec moi sur Paris Première dès le 27 janvier répond à ce même principe. "Cette émission est née de l'envie que j'ai de parler des voyages et de permettre à une célébrité d'en parler. Pas quelqu'un qui est en promotion mais une personnalité qui vient exprès pour nous", explique la journaliste. L'objectif de l'émission : faire découvrir, en deux ou trois jours, la destination favorite de cette personnalité. Pour le premier numéro, Elsa Zylberstein s'est rendue à New York. Pour la deuxième, Jean d'Ormesson nous fait partager sa Venise. "C'est l'occasion de passer un moment très agréable, d'avoir une conversation amicale, d'aller contre les clichés sur certains endroits de la planète."
Ce programme fait-il partie du "deal" passé avec le groupe M6 pour valider sa venue ? Mélissa le laisse comprendre.
"J'avais des souhaits. Quitte à changer de groupe, je voulais satisfaire plusieurs envies. Je suis venue sur M6 pour présenter Zone interdite mais aussi pour en être rédactrice en chef. Et me retrouver sur le terrain." ajoute celle que l'on complimente à longueur d'articles sur sa beauté. "De lire sans cesse que des "gravures de mode vous annoncent les soubresauts du monde", ça fait mal. C'est aussi pour cette raison que j'ai fait des choix qui ne sont pas ceux qu'on attendait." Claquer la porte de TF1 n'est certes pas une décision facile. Surtout quand on vous propose de présenter le 20h du week-end pendant les vacances de la journaliste titulaire, tout en continuant à vous occuper des matinales de LCI ! "C'est une chaîne formidable où j'ai beaucoup appris. Mais j'avais fait le tour du hot news, du traitement immédiat de l'information. J'avais besoin de me poser, de traiter les choses en profondeur. Bien sûr, le direct me manque, mais j'avais envie de continuer à apprendre. J'y reviendrais sûrement un jour... En attendant, il faut avancer, voir toutes les facettes de ce métier et surtout prendre du plaisir", ajoute la jolie Grenobloise de 28 ans qui a fait ses débuts de présentatrice sur LCI le 19 juillet 2003... "C'était le lendemain de mon anniversaire, je n'oublierai jamais. J'avais les genoux qui tremblaient..." Son goût pour le voyage, elle l'avait déjà partagé en 2004 avec les téléspectateurs de la chaîne d'information sous la forme d'une chronique régulière. "J'aime découvrir. Un rêve que je compte réaliser : me rendre en Colombie. Mes amis me mettent en garde, mais je pense que c'est accessible. Plus généralement, je suis attirée par l'Amérique du Sud. C'est une région où je ne suis jamais allée !" Mélissa confie en revanche qu'elle connaît bien les Etats-Unis et le Canada pour les avoir traversés en camping-car. "Epique !", assure-t-elle. En France, l'un des séjours dont elle se souvient le plus volontiers : celui de son premier job, dans le Beaujolais, où elle avait fait les vendanges...
Sa vie d'aujourd'hui est d'une grande simplicité : elle aime s'entourer d'amis, ne court pas les cocktails et ne cherche pas à tenter les paparazzi.
"Au contraire, je les fuis plutôt ! Mais ça crée des contraintes. Si je désire partir loin, il faut que j'organise le voyage en pensant à choisir des escales. Pas de vol direct afin de les semer", précise-t-elle sans se plaindre, consciente d'être devenue une valeur marchande. Et c'est donc bien naturellement qu'elle a accepté d'être le visage d'une célèbre marque de lunettes le temps d'une campagne publicitaire. Ce qui a causé grand bruit : certains ont fait remarquer que le statut de journaliste n'était pas compatible avec les turpitudes du commerce. "Pour moi, il n'y avait pas d'atteinte à la déontologie. Cela me choque moins que de se faire offrir des billets d'avion ou des vacances... Moi, je ne profite d'aucun à-côté journalistique. Mais si vous me demandez : Est-ce que vous le referez ?, la réponse est non", avoue-t-elle franchement, par ailleurs heureuse de son sort. "J'ai conscience que faire autant de choses qui me plaisent dans la vie est un privilège !" Sereine, Mélissa veut aller loin tout en ménageant sa monture. Son vrai luxe : le calme et la liberté.
Par Frédéric Jarreau
