Confessions
Cette semaine, pour "Zone interdite", Mélissa Theuriau nous emmène chez le Commando Parachutiste. Le terrain, elle adore ça, même si l'adrénaline du journal en direct lui manque un peu.
En refusant d'être le joker de Claire Chazal au 20h de TF1, la dynamique Mélissa Theuriau a choisi le plaisir. Celui de reprendre les rênes de "Zone interdite" à sa façon - elle nous emmènera, dimanche, à Carcassonne rencontrer le groupement Commando Parachutiste - celui de jouer les globe-trotteuses de charme pour une émission de voyage sur le câble français, mais surtout de prendre son temps, de construire sa carrière comme elle l'entend.
Quel bilan tirez-vous après six mois de "Zone interdite" ?
Excellent. D'abord parce que je me suis bien acclimatée avec l'équipe et la chaîne a tenu ses promesses, à savoir nous permettre d'aller tourner en extérieur, dans le décor même de la thématique abordée.
C'est une chose à laquelle vous teniez ?
Oui, mais l'équipe aussi, donc ça tombait bien. Je trouve qu'en se déplaçant, on n'obtient pas les mêmes réponses qu'en faisant venir un interlocuteur sur le plateau où il sera forcément moins à l'aise, moins sincère et authentique que dans son élément.
Dimanche, vous présenterez d'ailleurs à Carcassonne un reportage sur un commando de parachutistes.
Exact. On a suivi pendant un an ces hommes surentraînés, les premiers à être parachutés aux quatre coins de la planète, sur une zone de conflit. On était à leurs côtés au combat et on a ramené des images incroyables d'Afghanistan et de Côte d'Ivoire où on les voit extraire des otages, enquêter pour récolter des informations... A côté de ça, on a aussi suivi leur famille, qu'ils quittent six mois par an. Des jeunes femmes parfois enceintes qui se retrouvent seules pendant des mois, paralysées par la peur pour la vie de leur conjoint...
Vous aviez sauté avec des parachutistes en septembre dernier pour un autre sujet de "Zone interdite". Vous n'avez pas été tentée de le refaire ?
Non. Je l'avais fait pour goûter au piment de ce qui fait leur métier. Mais je ne voulais pas que ça devienne un cliché.
Le direct vous manque-t-il ?
Un peu, oui. L'adrénaline, le fait que tout puisse arriver. Travailler sans filets donne un sel très particulier que vous ne retrouvez pas ailleurs.
Vous venez aussi de lancer une émission sur Paris Première.
Exact. Une belle parenthèse culturelle intitulée "2, 3 jours avec moi" où un invité nous emmène découvrir une ville et ses lieux fétiches. Et j'y apprends beaucoup parce que c'est un luxe énorme d'avoir une personnalité en tête à tête pendant vingt-cinq minutes.
Vous n'avez pas peur de vous disperser ?
Non, pas du tout. C'est pour moi un équilibre parfait. On me propose beaucoup d'émissions et j'ai justement à coeur de ne pas multiplier les casquettes. Je me suis fixé une ligne de conduite et je m'y tiens.
Vous aviez d'ailleurs refusé un rôle que vous proposait Guillaume Canet dans "Ne le dites à personne", pour lequel il vient de remporter le César du meilleur réalisateur.
Oui, c'est vrai ! Mais c'est vieux, j'étais encore journaliste à LCI. Non, ce n'etait pas le bon rôle (en minaudant)... Je plaisante (elle rit)... Mais je n'ai aucun regret. Je prends mon temps, j'essaie d'explorer les différentes facettes de mon métier et, seulement ensuite, peut-être me lancerais-je dans d'autres voies. J'ai 28 ans et apprendre mon métier de cette façon est passionnant. C'est peut-être une solution vieille France, mais elle me convient (elle rit).
Christophe Pinol
