Accueil · Revue de presse · LeJDD.fr (Juin 2007)

Huit jours au Darfour

La journaliste et présentatrice achève sa première saison sur M6 plus épanouie que jamais. De retour du Darfour, où elle a passé huit jours dans un camp de réfugiés pour Enquête exclusive, Mélissa Theuriau s'envole demain matin pour Ibiza tourner les plateaux des inédits de l'été de Zone interdite, une émission suivie par 400 000 téléspectateurs de plus depuis qu'elle la présente.

Mélissa Theuriau prend goût au terrain.

Zone interdite ne s'arrête pas pendant l'été. Quel est le programme ?
Eté oblige, nous nous intéresserons surtout à des thématiques liées aux loisirs. Notre ambition reste de suivre des aventures humaines et l'une des grandes forces de cette émission est de pouvoir suivre des gens sur la durée. Certains sujets ont été lancés dès l'été dernier, comme celui sur ces familles qui ont ouvert des maisons d'hôtes.

Un sujet que vous aviez déjà abordé il y a un an...
Oui, Zone interdite avait filmé ces familles empêtrées dans les démarches administratives; on les retrouve cet été pour découvrir ce qu'elles sont devenues. Certaines aventures ont échoué, d'autres sont aujourd'hui pérennes. D'une manière générale, l'émission continue à s'intéresser aux nouveaux types de comportements, comme par exemple la vogue des échanges de maison pour les vacances. Nous partirons aussi à la découverte des coulisses du Ritz ou des soirées du Cap, le Saint-Tropez d'Afrique du Sud. Autre thème que nous aborderons : le luxe intelligent, qui peut être assimilé au développement durable, ou comment faire du tourisme en respectant l'écosystème d'un pays.

Irez-vous présenter des émissions sur le terrain, comme vous le faites tout au long de l'année ?
Nous partons demain matin à Ibiza, pour tourner tous les plateaux des inédits de l'été. Nous avons choisi Ibiza, car la variété des lieux est idéale et que c'est hélas l'hiver en ce moment au Cap.

Le 24 juin, M6 diffuse un numéro d'Enquête exclusive auquel vous avez participé...
Oui, je suis revenue la semaine dernière du Darfour, où j'ai passé huit jours dans un camp au contact des familles de réfugiés. Une expérience très forte dont on ne revient pas indemne, loin d'Ibiza où je pars demain. Le Darfour est un sujet qui me tient à coeur depuis longtemps, je suis donc vraiment ravie d'avoir pu participer à ce film pour Enquête exclusive. Je remercie d'ailleurs Bernard de la Villardière de m'avoir accueillie. A lui le côté géopolitique, à moi l'aspect catastrophe humanitaire. Nous avons pu passer du temps sur place, à nouer des liens avant de filmer; on ne s'est pas contenté de venir choper vite fait des images. Sur place, ça prend vraiment aux tripes.

Cette collaboration, c'est une idée à vous ?
Bien sûr, j'ai mis un pied dans la porte et j'espère que ça n'est qu'un début concernant les reportages à l'international. Partir sur une zone de conflit, c'est quand même différent de ce que je fais toute l'année pour Zone interdite, même si certains de nos sujets, aussi, sont lourds. Je suis par exemple ravie d'avoir pu défendre cette année des enquêtes sur le RMI ou les délocalisations d'usines.

Vous attendiez-vous à faire ce genre de sujets dès votre première année sur M6 ?
La chaîne connaît mon envie viscérale de terrain, et ils ont tendance à me pousser plus qu'à me brider. Quand j'ai entendu parler de ce projet d'émission sur le Darfour, j'ai tout fait pour en être. A l'arrivée, ça s'est super bien passé avec Bernard de la Villardière et on a ramené du coup plus de matière que s'il l'avait fait seul. J'espère avoir bientôt l'occasion de recommencer.

Le week-end prochain, vous serez au premier Salon de la télé...
Oui, je serai sur place le dimanche, mais je ne sais pas exactement ce qu'on attend de moi. Je trouve en tout cas cette initiative très bonne, car tous les métiers de la télévision y seront représentés, pas seulement ceux qui sont dans la lumière. 95% des gens qui fabriquent la télévision ne passent pas à l'antenne, on l'oublie trop souvent. Sans les cadreurs, les réalisateurs, ou les monteurs, rien n'est possible !

Propos recueillis par Jonathan Bouchet-Petersen