Accueil · Revue de presse · Télécâble Satellite (Juin 2007)

Le Darfour décrypté

Pour cette "Enquête exclusive" consacrée au Darfour, Bernard de la Villardière s'est rendu, avec Mélissa Theuriau, à l'est du Tchad, là où sont entassés plusieurs milliers de réfugiés, tchadiens et darfouries.

Depuis quatre ans sévit au Darfour, une guerre contre les civils menée par le régime soudanais et ses milices. Enquête exclusive fait un point sur la situation du conflit, à travers deux reportages poignants, dont un, La vie quotidienne à Farchana, signé Mélissa Theuriau. Nous l'avons rencontrée ainsi que Bernard de la Villardière.

Quel était le but de votre voyage ?
Bernard de la Villardière :
Essayer de comprendre les vraies raisons de ce conflit et comment les protagonistes fonctionnent. Comment, aussi, ils se positionnent et qui les soutient.

Que va-t-on voir dans cette "Enquête exclusive" ?
BdlV :
Deux reportages, un plus politique, réalisé par Tony Comity et un autre, plus humanitaire avec des témoignages, réalisé par Mélissa Theuriau. Je lance ces reportages depuis le camp de réfugiés où nous sommes allés, et j'apporte un éclairage supplémentaire sur la situation avec des interviews comme celui du ministre de l'Intérieur tchadien.

Comment Mélissa Theuriau, votre consoeur de "Zone interdite", s'est retrouvée avec vous sur cette émission ?
BdlV :
Mélissa a exprimé le souhait de nous accompagner. Cette journaliste de 23 ans a fait beaucoup d'antenne mais peu de reportages. Elle souhaitait aller sur le terrain. J'ai trouvé sa démarche sympathique et vertueuse.

Qu'avez-vous découvert chez elle ?
BdlV :
Une grande curiosité, un grand appétit de comprendre, une grande humilité. Elle a des qualités de reporter. Elle a été une bonne compagne de voyage. Je ne l'ai jamais entendu protester. J'espère qu'on aura l'occasion de repartir avec elle.

Mélissa, comment avec-vous convaincu M6 ?
Mélissa Theuriau :
Quand j'ai su que le sujet du Darfour était pour Enquête exclusive, je me suis vite manifestée auprès du rédacteur en chef de l'émission. Je pense que mon enthousiasme l'a convaincu. Je ne pouvais pas imaginer une réponse négative.

Qu'avez-vous appris au contact de Bernard de la Villardière ?
MT :
Découvrir un pays comme celui-ci est un privilège. Bernard a une force, il est blindé. Moi, je ne le suis pas encore. Je peux être bouleversée... J'en profite pour lui dire merci. Il m'a laissé une petite place dans l'émission et surtout m'a laissée l'observer, lui poser des questions et bénéficier de son expérience.

Vous avez réalisé un reportage de A à Z...
MT :
J'ai pu l'écrire, partir le tourner, obtenir ce que j'espérais, le monter image par image, écrire mon commentaire, poser ma voix dessus, le mixer.... Qu'il ait été validé par la direction de l'info de M6 a été pour moi une grande récompense. J'espère avoir mis un pied dans une porte. Ce serait formidable pour moi d'allier ma fonction de journaliste-reporter à celle de présentatrice de Zone interdite.

Dans quel état revient-on d'un tel voyage ?
MT :
Quand vous êtes face à ces conditions aussi effroyables, vous prenez conscience de votre chance. Là-bas, quand on est une femme et qu'on sort du camp pour nourrir sa famille, on se fait violer !

Propos recueillis par Isabelle Inglebert