« Animer Sept à huit ? Sûrement pas ! »
Quels sont leurs objectifs professionnels ? Comment jugent-ils les performances de leurs rivaux ? Pour Télé Loisirs, les deux journalistes de M6 s'expliquent
Au moment où les traditionnels JT connaissent une érosion de leur audience, les magazines, eux, battent tous les records. En tête Capital et Zone interdite...
Et si c'était eux, les nouvelles stars de l'info ? Guy Lagache, à la tête de Capital, enregistre d'excellents scores d'audience (l'émission consacrée au pouvoir d'achat a atteint 6,4 millions de téléspectateurs), et Mélissa Theuriau, à la barre de Zone interdite, ne démérite pas avec une moyenne de 4,1 millions de fidèles un dimanche sur deux. A vrai dire, tous les magazines d'info, à l'instar d'Envoyé spécial ou Complément d'enquête, profitent de cette quête de sens réclamée par le téléspectateur. A Télé Loisirs, nous avons donc voulu mieux connaître ces deux "belles gueules de l'info". D'ordinaire soucieux de leur image et tenant à distance la presse "people", Guy et Mélissa ont fini par accepter notre invitation. Rendez-vous donc dans le 17e arrondissement de Paris pour une séance photo. Leur première à deux. Sur place, nous leur avons proposé un petit jeu en guise d'interview : deux séries de questions à piocher dans deux enveloppes, l'une estampillée "capitales", l'autre "interdites"...
Questions capitales
TF1 vous propose de coprésenter Sept à huit à la place de Harry Roselmack et Anne-Sophie Lapix, vous acceptez ?
Guy Lagache. Je suis bien là où je suis.
Mélissa Theuriau. Moi, je n'irais pas !
G. L. Dans le couple, c'est la dame qui commande : nous n'irions pas !
Pour le 20 heures, êtes-vous plutôt PPDA, Roselmack, Delahousse ou bien Pujadas ?
M. T. Moi, je serais plutôt Lagache. Si cela se présente, je le regarderai avec bonheur !
Et vous, Mélissa, le 20 heures, est-ce un objectif ?
M. T. Le 20 heures, ce n'est pas mon rêve : ça ne l'a jamais été et ça ne le sera jamais. Je préfère de loin être sur le terrain, donner la parole à des gens qui ne l'ont pas toujours, que présenter le JT, même honorée d'un titre de rédactrice en chef. Je l'ai déjà fait sur une petite chaîne d'info sur le câble ! [LCI appréciera, ndlr]
La relation entre Nicolas Sarkozy et Carla Bruni, ça vous intéresse dans quelle mesure ?
M. T. Au secours, on n'en peut plus ! Impossible d'ouvrir un hebdo, de regarder un journal télévisé sans un commentaire sur le bisou, les bijoux qu'ils se sont offerts, leur rencontre. Si les médias pouvaient se grouper pour dire stop ! Elevons le débat. On a l'impression d'être à la Star Ac'. Cela tue l'info !
Que faîtes-vous le lundi matin, vers 9 heures, lorsque tombent les audiences du dimanche soir ?
M. T. Je suis une mauvaise élève donc j'attends un SMS des mes collègues qui, eux, sont sur le pont à M6 et qui m'informent du chiffre d'audience. De toute façon, je ne suis pas une grande angoissée...
G. L. Lorsque nous avons battu un record d'audience avec 6,4 millions de téléspectateurs pour le numéro de Capital consacré au pouvoir d'achat, j'ai reçu un Texto d'un de mes patrons qui me disait "Pas mal", sans plus de détails. Finalement, il m'a donné le chiffre et je dois dire que je n'en revenais pas. Et là, ça a été champagne à la rédaction !
M. T. Je confirme : nos bureaux sont au même étage et on a entendu les bouchons de champagne sauter. Je suis ravie pour Guy : il le mérite !
Questions interdites
Si vous étiez célibataires, auriez-vous pu craquer l'un pour l'autre ?
G. L. Elles commencent bien ces questions ! [Rires.] Allez, je me lance : pas besoin d'être célibataire pour craquer pour Mélissa !
Quel est le programme que vous zappez sur M6 ?
G. L. Je ne suis pas fan de téléréalité en général. Je sais, ce n'est pas très original ! En revanche, j'adore Nouvelle Star. D'accord, ça fait un peu complaisant vis-à-vis de ma chaîne, mais je trouve sincèrement que les candidats de ce programme sont plus talentueux que ceux de la Star Ac'. Et je préfère de loin leur programmation musicale, résolument plus moderne.
M. T. Pour ma part, je ne zappe pas, car je ne suis accro à rien à la télé. Quand je quitte mon bureau, je passe à autre chose. Qu'on se le dise : il y a une vie en dehors de la télé !
PPDA serait qualifié de "mou" par l'Elysée. Pour vous, reste-t-il le meilleur journaliste de France ?
G. L. Le meilleur journaliste de France, je ne le connais pas. PPDA, c'est évidemment quelqu'un qui a du talent, mais c'est aussi celui qui est le plus exposé médiatiquement. J'ai d'autres références que lui, comme Jean-François Bizot, le créateur du magazine Actuel. Dans ce métier, il faut savoir faire la différence entre la simple présentation d'un JT et le fait d'enquêter et de se nourrir de la vie des autres, ce qui constitue la base du métier de journaliste. Bien vendre la sauce, ce n'est qu'une qualité parmi d'autres d'un bon journaliste.
Quelle est votre zone interdite ?
M. T. Disons que je me passerais volontiers de la "pipolisation". Mais j'ai remarqué que moins vous lui accordez d'importance, moins on vous embête. De toute façon, je ne lis pas la presse people.
G. L. Et de toute évidence, tu n'as pas vraiment l'air traumatisée, Mélissa ! [Rires.]
Pourriez-vous tout quitter par amour ?
M. T. Quelle question ! Tout cela n'a pas vraiment de sens. Je suis sûre que personne ne me demanderait ça. Enfin, bien sûr, si c'était le cas, je quitterais tout...
Propos recueillis par Eric Le Bourhis et Gaëlle Placek
