Paternité : secrets, mensonges et révélations
Au moins 1 enfant sur 30 ne serait pas celui de son père déclaré. Autrefois, ça faisait partie des secrets de famille, mais la révolution scientifique a changé la donne. Aujourd'hui, grâce à l'ADN, chacun peut connaître la vérité biologique. Des enfants nés de père inconnu se mettent à rechercher leur géniteur. D'autres apprennent que celui qui les a élevés n'est pas leur père biologique. En France, seul un juge peut ordonner une expertise génétique. On en fait près de 3000 par an. Mais pour être fixés plus vite, les pères inquiets se ruent sur les tests de paternité disponibles sur internet. Alors, comment être sûr de sa filiation ou de sa descendance ? Que signifie vraiment être père ? Quels bouleversements peut provoquer dans les familles l'irruption brutale de la vérité ? Zone Interdite a mené l'enquête.
Mon père est-il vraiment mon père ? : Un homme apprend brutalement qu'il n'est pas le père de la fillette qu'il élève depuis 7 ans. Un autre se découvre sur le tard père d'un enfant de 4 ans né d'une liaison furtive. Un troisième voudrait se voir reconnaître des droits de père sur une fillette qu'il n'a quasiment jamais vue. Il y a quelques années, toutes ces histoires seraient restées enfouies dans les familles. Mais les tests de paternité ADN permettent désormais d'identifier avec certitude la filiation d'un enfant. Pour les juges, la prise de sang qui permet de tracer l'ADN est même devenue un outil implacable pour trancher des conflits de filiation de plus en plus fréquents. A lui seul, le tribunal de grande instance de Paris traite actuellement près de 300 dossiers de ce type. En marge de la loi, ces tests sont également accessibles à n'importe qui sur internet. Il suffit d'envoyer des échantillons de salive pour faire réaliser un test par un laboratoire suisse ou espagnol. A l'arrivée du résultat, c'est l'équilibre des familles qui peut se trouver brutalement remis en question.
Reportage Régis Mardon, Marie Osena, Tac Presse.
Benjamin : c'est mon fils, ma bataille : Mai 2000, à la maternité de Nancy : une femme accouche sous X d'un fils prénommé Benjamin. Un bébé qui est le fruit d'un amour interdit, car son père et sa mère sont déjà mariés, chacun de son côté, et déjà parents. La loi française autorise les mères à abandonner leur bébé à la naissance. Elles ont deux mois pour changer d'avis. Passé ce délai, le bébé est confié à l'Aide Sociale à l'Enfance. Benjamin n'a pas été repris par sa mère. Alors, avec la bénédiction de l'administration, il a été adopté par un couple de médecins. Ce que personne ne sait, c'est que pendant ce temps, Philippe Peter, son père biologique, le cherche. Il avait reconnu Benjamin avant sa naissance, par une déclaration de paternité en mairie. Mais la loi française protège l'anonymat des mères qui accouchent sous X et il n'existe pas de fichier national des déclarations de paternité... Cette incroyable histoire est celle d'une lutte contre l'absurdité de la machine administrative. L'histoire d'une bataille juridique qui va durer 6 ans et au cours desquels un enfant grandit. Pour la justice, c'est un cas de conscience : comment trancher entre liens du cour et liens biologiques ?
Reportage Géraldine Levasseur, Ludovic Siméon, Jean-Luc Guidoin, M6.
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Zone interdite
19 novembre 2006
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