Profession juge : enquête sur la justice au quotidien
Misère, détresse, violence : au quotidien, les juges sont confrontés à tous les problèmes de la société.
Le sort des prévenus est entre leurs mains. Comment assument-ils cette responsabilité ? Le scandale de l'affaire d'Outreau a révélé les dysfonctionnements de la justice française. Où en est-on aujourd'hui ? Comment un juge d'instruction peut-il traiter plus d'une centaine de dossier par an ? Comment 450 juges des enfants peuvent-ils gérer 200.000 mineurs délinquants ? Pendant plusieurs mois, nous avons enquêté dans les tribunaux de Verdun et Créteil.
Juge des enfants : comment rétablir l'autorité ?
Au tribunal pour enfants de Créteil, les prévenus ont entre 13 et 17 ans et sont souvent multi-récidivistes. Arrêtés par la police pour cambriolages, trafic de stupéfiants ou violences, la plupart d'entre eux n'iront pas en prison et ils le savent. En France, seuls 10% des mineurs présentés à un juge pour enfants sont placés en détention. Dans le cabinet du juge, ils crânent, nient ou se taisent, même en présence de leurs parents. Alors, comment un juge peut-il réussir à faire respecter la règle et à rétablir le dialogue là où la famille et l'école ont échoué ? Marie-Ange Leprince, vice-présidente du tribunal, jongle en permanence entre la menace de la prison et des mesures éducatives adaptées à chaque cas.
Reportage Romain Bolzinger, Tac Presse.
Le quotidien d'un juge d'instruction
Thierry Lefevre, 29 ans, est en poste à Verdun depuis 4 ans. Aussi à l'aise derrière son bureau que dans les couloirs du palais de justice, il cumule les responsabilités de président du tribunal correctionnel et de juge d'instruction. Tous les matins, il contrôle le courrier des détenus qu'il a envoyés en prison. Régulièrement, il inspecte la maison d'arrêt où ils sont placés. Mais le coeur de son métier, c'est l'interrogatoire au cours duquel il tente de cerner la personnalité de son interlocuteur. Dans l'armoire métallique de son cabinet, une centaine de dossiers en cours, à traiter dans l'année : «Le calcul est simple : ça fait 2 jours par an par dossier !». Pour assumer cette charge de travail, il est souvent le dernier à quitter le tribunal. Ce qui l'exaspère : la vétusté de son ordinateur, les pesanteurs administratives et le manque de moyens.
Reportage Bernard Charlon, Nouragence.
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14 janvier 2007
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