Revue de presse - Décembre 2009
Dans vos kiosques
- Media, un autre regard - Interview de Mélissa Theuriau
- Télé Star - « Le don d'organes ? Je suis totalement pour »
Morceaux choisis
Media, un autre regard
Je croise Mélissa une ou deux fois par mois lors de l'enregistrement des plateaux de lancement réalisés au studio Jean Drucker (au -3) à M6 par Olivier Béghin.
Son implication sur Zone interdite ne se limite pas à cela.
Nous sommes trois rédacteurs en chef sur Zone interdite depuis quelques années : Valérie Troisier, Bertrand Deveaud et moi-même. Cela signifie que l'on détermine les sujets qui seront lancés pour l'année suivante puisque nous sommes la seule émission de la chaine (si ce n'est du PAF !) à construire des enquêtes dont la durée de gestation est aussi longue. Entre 6 mois et un an de suivi : c'est une partie de la valeur ajoutée de Zone interdite. Que nos observations dérangent, passionnent ou interpellent, on décrypte concrètement un phénomène de société... Une partie de nos enquêtes est réalisée par des agences de presse comme Tony Comiti, Tac presse, TSVP. Une autre confiée en interne à nos journalistes.
Cette façon de travailler nous permet de préparer les émissions très en amont. Nous accompagnons et soutenons nos rédacteurs. Valérie Troisier, comme Bertrand Deveaud les guident dans leurs choix tout au long du montage. Nous faisons plusieurs visionnages. Parfois, des choix sont faits au détriment d'un personnage, ou à l'inverse en développant une autre partie de l'enquête qui s'avère riche. On peut alors décider de commander un 52' plutôt qu'un 26' initialement envisagé.
Un message sur le don d'organe en France ?
Le don d'organe en France est un sujet fragile. On donne peu par rapport à nos voisins européens. C'est peut-être culturel. On a peur. Il faut donc en parler. Ce sont souvent les familles qui décident pour le défunt. Je pense qu'il faut encourager le don d'organes, en expliquant mieux comment vivent par exemple les personnes qui souffrent d'insuffisance rénale. C'est un enfer de passer sa vie en dialyse. Nous rappelons aussi qu'une greffe rénale ne comporte pas de risque particulier pour le donneur.
Il faudrait peut être, lors de la prochaine révision de loi de bioéthique, proposer un registre sur lequel les personnes favorables au don puissent s'inscrire. Ainsi on éviterait de consulter les familles à chaque décès, qui légitimement parce que plongées dans la souffrance, s'opposent souvent à un prélèvement. Je suis pour cette clarification, qui peut-être permettrait d'augmenter le volume d'organes disponibles.
Tu t'engages aussi mais en soutenant une association.
Je suis impliquée dans la Rose des petites filles (Lien Media un autre regard – La rose) qui se bat depuis plusieurs années pour la scolarisation des filles dans le monde entier... On travaille actuellement sur le prochain événement. Je suis en train d'essayer de convaincre M6 de programmer une émission à ce sujet.
TF1 a le Sidaction et les Restos du coeur, France Télévisions, le Téléthon, pourquoi M6 n'aurait pas sa grande émission sur l'éducation? J'y crois. J'ai exposé ce projet à Jérôme Bureau... J'espère qu'on ira plus loin.
Tu as remplacé récemment Aïda Touihri, à la présentation de 66 minutes.
Elle était malade, c'est une amie, c'était normal de la remplacer. Mais pour le coup dans cette émission, je n'ai fait que la présenter. Cette émission a une dynamique différente. Et j'aime bien la rédaction et la production de 66, ils sont bienveillants et efficaces. Et maintenant elle me doit un « Zone » dit-elle avec un grand sourire. Je saurai y penser et toi tu auras à lancer les décomptes d'Aïda.
Propos recueillis par Emmanuel Matt
Télé Star
Quels messages voulez-vous faire passer avec cette émission ?
On souhaite dénoncer les pratiques des trafiquants qui profitent de personnes en détresse financière. Des personnes prêtes, même en France, à se faire charcuter pour une poignée de billets. Et de l'autre, on veut rassurer les téléspectateurs sur le don de son vivant.
Comprenez-vous les réticences de certains ?
J'admets que cela soit un sujet tabou. Le deuil est une épreuve évidemment des plus douloureuses, celui d'un enfant encore plus, mais quand la vie n'est plus là et que l'on a la possibilité d'aider des malades...
Propos recueillis par Linda Bouras
