Revue de presse - Octobre 2009
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- Grazia - Mélissa Theuriau 100% cool
Morceaux choisis
Grazia
Mélissa reconnaît que sa maternité lui a donné une force et une sensibilité nouvelles. « Depuis mon retour, je prends les choses plus à coeur, je les défends avec plus de fougue. » Brice Hortefeux en a fait l'expérience fin août, avec le numéro de rentrée de Zone interdite. Au programme : un reportage sur la police de la Côte d'Azur que la journaliste « n'assumait pas totalement car il dépeignait certains flics comme des superhéros ». Mal à l'aise, elle organise une interview sur le plateau, à chaud, avec le ministre de l'Intérieur pour dit-elle, exprimer, « une autre réalité ». Et là, surprise, elle se révèle une intervieweuse coriace, qui ne lâche pas l'homme politique avec ses questions. Dans une ère médiatique habituée à voir les journalistes bousculés par Nicolas Sarkozy, sa prestation détonne. Mélissa, elle, ne réalise même pas qu'il s'est passé quelque chose, qu'une tempête se prépare. Elle rentre chez elle, l'esprit tranquille. « Mon but n'était pas d'être vindicative, explique-t-elle. On est là pour obtenir des réponses. D'ailleurs, pendant plusieurs jours, personne ne m'a parlé de cette interview... J'avais juste l'impression d'avoir fait mon boulot. »
La journaliste aime l'actu, la vraie, celle qui prête à débat et qui « résonne en chacun de nous de façon intime ». Avant de partir en congé maternité, elle a ainsi lancé une enquête sur les mères porteuses (diffusée le 11 octobre), sujet qui lui tient à coeur. « Nous avons donné les moyens à notre journaliste de suivre des familles durant un an, ce qui est exceptionnel, s'enthousiasme la jeune femme. Je suis contente de l'avoir suivie jusqu'au bout et de pouvoir la diffuser à mon retour. » Son regard aurait-il changé depuis qu'elle est maman d'un petit garçon ? « C'est vrai que mon avis est moins tranché aujourd'hui. Je suis très sensible à la souffrance de ces couples qui n'ont pas d'autre solution pour avoir un enfant. Mais je me méfie aussi des excès que cela peut engendrer. Moi, par exemple, je n'aurais pas pu y avoir recours. »
Trois ans après avoir refusé le Graal du journalisme, c'est-à-dire rejoindre les équipes du 20 heures de TF1, Mélissa n'est toujours pas prête à tout pour sa carrière. « S'il est encore possible de faire de la télé qui ait du sens, je milite pour. Mais il faut aussi savoir prendre de la distance. » Et si elle doit abandonner le petit écran, elle le fera sans problème. « Je ne peux pas m'enfermer dans une logique où je n'existerais que par ce média. Surtout pas. »
Propos recueillis par Monica Sabolo et David Carzon
