Questions du 16 mai 2010
Réponses à vos questions
Au cours de son rendez-vous sur le site le 16 mai 2010, Mélissa Theuriau a répondu à quelques questions recueillies via le formulaire.
Zone interdite a le courage de proposer des sujets que d'autres émissions abordent peu voire pas du tout, car peu rémunérateurs en terme d'audience. Quels sujets sont actuellement en préparation ?
L'automne prochain proposera des numéros étonnants et peu traités. Nous nous intéresserons aux étudiants, à l'emploi, ou plutôt au non emploi, à la santé mentale, domaine immense où les angles de traitement sont nombreux, aux agriculteurs aussi...
Mais dès ce dimanche, Zone interdite s'intéresse à la violence des bandes de filles. Les bandes ont toujours existé, mais pourquoi font-elles de plus en plus la une de l'actualité ? Nous avons choisi 2 angles intéressants notamment une réponse judiciaire qui semble réussir à de nombreuses jeunes filles. Et j'ai choisi, non sans difficulté des invités rares, que nous n'avons pas l'habitude d'entendre sur les plateaux télé. Nous essaierons donc d'aller plus loin et surtout de faire tomber quelques clichés entretenus par les médias tous les jours.
Zone interdite vous comble t-il toujours autant professionnellement ?
Oui.
Quelle facette de votre métier préférez-vous : Celle de co-rédactrice en chef de Zone interdite ou de présentatrice ? Et pourquoi ?
Mon métier est passionnant car il recouvre toute cette chaine de fabrication jusqu'au plaisir de le proposer à nos téléspectateurs. La partie la plus passionnante est évidemment celle de la préparation. C'est parfois (suivant les numéros) un travail de fourmi qui s'étend sur de longues semaines. J'accorde un temps précieux au choix de nos invités. Je vais les rencontrer souvent plusieurs fois pour m'entretenir avec eux, les convaincre de venir faire partager leur expérience, ou d'apporter leur témoignage douloureux ou heureux. Cette partie consacrée à l'écriture de l'émission et des interviews est celle que je préfère car je suis libre.
Quels sont les clefs d'une bonne interview ?
Maitriser son sujet. Etre à l'écoute et oublier ses notes permettent je crois de réaliser une bonne interview.
Quels sont les faits de société, les thèmes qui sont considérés à priori comme compatibles avec la logique d'audience ?
Les thèmes compatibles en ce moment avec un bon audimat ne sont pas forcément ceux que je préfère. Sécurité, civisme sont 2 thèmes dits "payants" dans le jargon de nos spécialistes de l'audimat.
Rêvez-vous de posséder une maison écolo comme nous pouvons en voir dans les reportages de Zone interdite ?
Non pas particulièrement. Je rêve que nous soyons tous un peu plus respectueux de l'environnement dans notre vie de tous les jours. Mais le tout bio, le tout écolo, je n'y adhère pas.
En 2007, Zone interdite a consacré une émission au déroulement d'un procès de Cour d'assises. Les rédacteurs en chef, dont vous-même, ont-ils le projet de faire une émission sur un conseil municipal ou un conseil régional ?
C'est l'une des émissions les plus fortes que j'ai pu vivre (avec celle consacrée à Chantal Sébire sur l'euthanasie). Zone interdite va s'intéresser à ce qui se décide en région dans un cadre plus large que le conseil régional.
Je suis adepte des médecines douces (Acupuncture, shiatsu, sophrologie, yoga...) que je pratique régulièrement. A quand un Zone interdite sur ce sujet ?
Justement... Bientôt !
Vous avez réalisé un sujet il y a 3 ans sur le Darfour, avez-vous des projets similaires en cours ?
Oui, j'y travaille depuis plusieurs mois. Le projet est écrit et j'espère pouvoir le concrétiser vite.
Pourquoi n'avoir pas opté pour du reportage dès le début de votre carrière plutôt que de la présentation ? Est-ce parce que les opportunités sont venues plus facilement de ce côté là ?
Bingo. Comme la plupart des étudiants qui se lancent sur le marché du travail, j'avais surtout besoin de gagner ma vie pour payer mon loyer. J'ai accepté un boulot de pigiste au desk de LCI, dans l'espoir d'abord d'être CDIsée... La proposition d'antenne est venue dans l'urgence car il s'agissait de remplacer une journaliste en congés, et le CDI est arrivé quelques temps après !
Après la télévision, une expérience à la radio ou en presse écrite vous tenterait-elle ?
Une expérience à la radio me tente depuis que je suis étudiante en journalisme. Mais rien ne sert de courir... Les choses viennent en leur temps.
Au vu de votre expérience, à part bien passer à l'écran, quel est le rôle d'un présentateur au sein d'une rédaction ?
Votre vision du métier est un peu réductrice ! :)
Tout dépend de la rédaction à laquelle il appartient mais dans le domaine de l'info, peu de présentateurs ne sont là uniquement pour leur télégénie. Tous sont investis dans la fabrication de leur émission.
Y-a-t-il un aspect de relations publiques dans le métier de présentateur ?
j'y suis malheureusement allergique... Mais oui, il y en a un bien sûr.
Pourriez-vous travailler pour une émission sans la présenter ?
Oui.
Sur quel critère décidez-vous des magazines auxquels vous accordez des interviews ? Et Lesquels lisez-vous le plus régulièrement ?
Les critères sont multiples. Je fais peu de presse, je préfère me concentrer sur les sujets qui me tiennent à coeur. Sinon le feeling avec le journaliste y est pour beaucoup. Mes lectures les plus fidèles n'ont rien à voir avec les journaux qui véhiculent notre promo. Je suis lectrice de Books, Politis, Courrier International, de Jeune Afrique, de Libé, du Monde, du Parisien mais aussi de Elle, de Marie Claire ou du Figaro Madame !
Dans une interview que vous avez consacrée à TV Magazine, vous avez déclaré que Jean-Claude Dassier, ex-patron de LCI, a un très bon flair pour détecter la télégénie d'une personne. A quoi sert la télégénie ?
Je ne sais si ces mots étaient les miens, en tous cas Jean-Claude Dassier a toujours maitrisé l'art de la prise de risques calculée ! Regardez sa 1ère saison comme dirigeant de l'OM.
La télégenie est subjective. Je dirais qu'il s'agit d'une présence, d'une sorte d'empathie aussi.
Va-t-on vous revoir prochainement à la tête d'une émission sur les voyages ?
Une émission similaire à "2, 3 jours avec moi", non. Mais une autre émission portée sur l'étranger, ça n'est pas impossible... Ca me taraude en tous cas.
Avez-vous une idée d'émission, qui vous tient à coeur et qui vous travaille depuis longtemps mais que vous n'avez pas encore réalisée ?
Oui !
A quoi aspirez-vous aujourd'hui ?
A des tas de choses ! Tourner des émissions utiles où l'on ne s'interdit pas de revoir son jugement, mais aussi voyager, emmener mon fils dans des tas d'endroits, lui apprendre la tolérance, l'écoute...
Où vous voyez vous à 40 ans ?
Holala mais c'est très loin ça ! :) Auprès de mon mari et de nos enfants. Pour le reste, je n'arrive déjà pas à me projeter d'une année à l'autre alors... Professionnellement je vis plutôt au jour le jour. J'ai des tas d'idées, d'envies, j'aime avoir des projets, me sentir libre !
On sait que vous soutenez la Fondation M6 : pouvez-vous nous en dire plus ? Quelles seront vos actions ?
Le choix d'M6 est un choix courageux qui mérite d'être relayé. J'ai choisi d'être concrètement sur le terrain en commençant mes visites aux détenues femmes de Fleury-Mérogis. J'ai fait des rencontres rares et je tiens beaucoup à ce lien qui se tisse tout doucement... Par l'intermédiaire du Relai enfants-parents, fondée par une dame remarquable (Marie-France Blanco), la Fondation oeuvre pour que les enfants des détenus ne perdent pas le lien avec leur mère ou leur père incarcéré. Quelles que soient la durée de la peine ou les raisons qui l'expliquent, il faut que le parent maintienne un contact régulier avec ses enfants. C'est fondamental pour qu'à la sortie, la vie de famille puisse reprendre son cours. Le relai tente d'adoucir le climat de rencontre, et il y a beaucoup à faire car les conditions d'accueil des familles, notamment des petits, sont encore bien indignes dans de nombreux centres pénitentiaires.
N'est-ce pas difficile de concilier vos responsabilités professionnelles et votre vie personnelle ?
Non, c'est de l'organisation et comme j'ai choisi depuis l'arrivée de mon fils de m'occuper d'une seule émission, qui plus est bimensuelle, j'ai du temps pour ma famille, mes engagements associatifs et l'écriture de projets !
Aujourd'hui, n'avez-vous pas le sentiment que la société actuelle est très exigeante avec les femmes ? Elles se doivent d'être parfaites en tout.
La société actuelle ne fait aucun cadeau aux plus faibles. Les personnes vivant dans la précarité en font les frais chaque jour, femmes, hommes et enfants réunis. Je ne suis pas certaine que la société actuelle soit plus exigeante avec les femmes qu'il y a 50 ou 60 ans. Mais pour concilier vie pro/vie perso, beaucoup sont encore trop sujettes à la pression.
Épanouie professionnellement et comblée en amour, maman heureuse aussi, avez-vous encore des rêves ?
Beaucoup !
Etes-vous superstitieuse ? Avez-vous des rituels avant d'entrer en plateau ?
Non. Aucun rituel ni habitude.
Quelle est votre destination de vacances favorite ?
Le Maroc, car je m'y sens un peu chez moi.
Quelles marques de vêtements portez-vous le plus souvent dans votre vie quotidienne ?
En ce moment, Kooples, Antik Batik, Sandro et American Apparel.
Avez-vous un objet fétiche avec vous, dans votre sac à main ?
Non.
Quelle place à la musique dans votre vie, en écoutez-vous tous les jours et si oui quel genre ?
Bizarrement je n'en écoute pas tous les jours. Pourtant, j'aime la musique elle fait partie de ma vie. Mais je suis encore mal organisée je perds toujours un casque, un iPod, etc... Je fais écouter des tas de musiques différentes à mon petit garçon : de la soul, du hip-hop et du funk. Il semble préférer les sons d'Oxmo Puccino, de Jay-Z ou de Steevie Wonder aux berceuses enfantines.
Quel est votre coup de coeur du moment ?
"Roméo" de Merlot et Crazy Keupon. Ne cherchez pas, ce n'est encore sorti nulle part. Mais ça fera du bruit, je le prédis !
Avez-vous toujours le temps de faire du sport ? Pratiquez-vous encore le snowboarding ?
Je ne peux pas passer une saison sans snowboard ! Et j'essaie de courir 45 minutes, 2 fois par semaine.
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